Méné-Blog

Blog de l’association Les amis du Méné Brait

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Lamballe 2010

Après le diner de vendredi soir qui nous a rappelé la fête de Lamballe, il m’est revenu en mémoire que je devais mettre en ligne ce que Bernard avait écrit au sujet de la fête…

Mille Sabots LAMBALLE 2010
Village des ânes et des âniers.
Samedi 16 h 30 : arrivés sur l’immense espace vide de monde, avec seulement quelques tentes blanches qui accueilleront les passionnés professionnels et amateurs du monde équin, sous toutes ses formes. Chevaux de trait, postiers, chevaux de selle de tous gabarits, poneys et ânes. On remarquera que les ânes sont les derniers de la liste ; on les trouvera au même emplacement sur les dépliants des « Mille Sabots », et si vous les cherchez ce jour là à la grande fête des équidés, vous nous trouverez tous au fond, dans la partie boisée. Les « grands » d’abord, C’est normal, ça a toujours été ainsi. Il y a les cavaliers, leurs chevaux et leur passion, avec leur façon de tailler la route, et il y a les marcheurs âniers que nous sommes, habitués à être à la même hauteur que nos bêtes, à partager le même pas, à la même vitesse . Pourquoi je dis « vitesse » ? Ce mot n’a pas sa place dans notre monde. Exister, vivre au présent, cela nous suffit, nous comble du temps perdu à attendre ou à fuire les durs moments . La sénérité est un luxe ; merci les ânes. Vous nous apportez la paix, alors que le monde vous oublie parce que votre utilité n’a plus sa place dans notre société.
Dimanche, 7 h 30 :
La première lueur rouge du soleil monte au dessus de la rangée de chênes qui nous sépare des bâtiments du haras. Rien ne bouge. Pas un souffle de vent, pas un bruit, les ânes sont immobiles.
8 H 00 :
La cloche de la chapelle m’enchante de son carillon, et les oiseaux commencent à se faire entendre. Philippe passe pour aller prendre le petit déjeuner au stand des cavaliers.
Je lui lance : « fait pas chaud ce matin ! » .
Il me répond : « regarde, une petite gelée blanche ! ».
A cet instant, le master beige de Gaby et Dany émet un bruit sourd ; je devine qu’ils posent le pied à terre, je les vois sortir de leur campement , encore tout engourdis du froid de la nuit.
Je regarde le compteur de la voiture ; il affiche 2° ! Il est l’heure de l’ablution. Je vais remplir mon seau …
Il est l’heure de s’occuper des ânes, je leur mets un peu de foin et d’eau fraîche. Et je regarde le ciel.

8 h 30 :
J’aperçois Jacky, le responsable de l’ACECA (cavaliers d’extérieur) à genoux tel un indien, devant les cendres du feu de la veille, avec un peu de soufle et un morceau de papier, fait repartir la flamme, et nous avons à nouveau droit à un beau feu ravigotant. On discute un peu en attendant le café qui se fait dans la grande marmite ; deux courageux du groupe font la vaisselle de la veille ; inutile de dire que Jacky en fait partie. Car nous avions eu droit à un bon repas chaud, ce samedi soir de bivouac : des « pêteux », comme dit Jacky (ça réchauffe). Grand fricot à Lamballe ! La tablée est joyeuse . Merci les musiciens (les pêteux).
9 H 00 :
Les tables en bois sont là. Je prends un bol « pyrex », les mêmes que l’on avait en pension chez les Frères à Bourbriac. A l’époque, c’était un peu dur pour le moral. Mais aujourd’hui, j’ai ce bol de café dans les mains, je regarde le bleu du ciel à travers le feuillage des chênes, je respire ce parfum de liberté et j’ai l’impression de renaître avec le jour.
10 H 00 :
Retour vers les animaux parqués sous les chênes ; les autres sont déjà aux préparatifs du défilé. Philippe recouvre Mimi, son ânesse , d’un drap blanc ; les animaux recouverts d’étoffe font fort impression. Tel un chevalier battant campagne , la monture de Gabriel est fin prête pour le défilé. Le chargé de mission pour les dieux du ciel traversera Lamballe avec les honneurs du public.
10 h 30 :
A mon tour de brosser Quenotte. Je lui tapote la crinière, me dirigeant vers la queue en passant par le dos et là, je me rends compte que je suis dans un nuage de poussière. Ca ne fait rien, je continue : « Tu seras propre, ma Quenotte ! » ; mais c’est qu’elle aime ça, la coquette. Je continue avec la brosse : c’est plus discret. Rien de tel pour obtenir un poil brillant. Et plus je brosse, plus ça brille. Je comprends maintenant pourquoi ma grand-mère passait son dimanche matin à brosse sa longue chevelure avant la messe de 10 H 25 ; ça sentait bon l’eau de Cologne. « Tu as de beaux yeux, Quenotte. Je suis fière de toi ! » même si ça sent un peu le crottin.
Je mets le tapis, puis le bât en frêne que j’ai fabriqué il y a 3 ans déjà, et qui malgré quelques passages entre les arbres, a tenu bon. Je fixe ensuite les 2 sacs de bât (fabrication maison) ornés de l’écusson « les amis du méné-brait ». En attendant le départ du défilé, je renseigne quelques personnes intéressées, sur notre association.
Les chevaux commencent le défilé ; de la parade pour certains, de l’humour pour d’autres, de l’amusement pour les enfants, une simple présentation pour les plus humbles, et nous ferons le tour de la ville pour rejoindre notre campement.
Lamballe !!!
 Bonjour aux amis de la nature et des animaux. Heureux les âniers qui se sont déplacés à Lamballe, pour la fête des Anes, chevaux et poneys .
Quoi de plus agréable que de marcher bien accompagnés. Car nos amis aux grandes oreilles sont d’excellents compagnons de route à qui sait les observer d’un peu plus près.
Le cortège des équidés s’est paré de ses meilleurs atouts pour montrer aux sympatisants de tout poil
leur présence grâcieuse.

« En regardant par la lucarne,
Je te verrai ma gitane
Avec mon âne
Je ne serai jamais en panne.
C’est mieux qu’une belle bécane
Devant ma cabane,
J’y accrocherai ma caravane
Et on traversera la Louisiane
Jusqu’à la Havane
Je ne suis pas un profane
Mais quand je plane
Avec ma soutane
Au-dessus des platanes
Je fais des économies de sandale.
Qu’est-ce qu’il faut pas faire
Pour aller à Lamballe.
Bernard D.